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AAPC : définition, cadre juridique et contenu de l'avis d'appel public à la concurrence

L’ESSENTIEL À RETENIR

Un AAPC (avis d’appel public à la concurrence) est l’annonce officielle par laquelle un acheteur public lance une procédure de marché public.

  • L’AAPC marque le point de départ légal de la mise en concurrence.
  • Il est encadré par le code de la commande publique et doit respecter un contenu minimal fixé par arrêté.
  • Selon le montant estimé du marché, il est publié au BOAMP, dans un journal habilité à recevoir des annonces légales, ou au JOUE.
  • Le terme « AAPC » et l’expression « avis de marché » désignent aujourd’hui le même document.
  • Pour une entreprise qui répond à un marché public, tout se joue avant la publication de l’avis : c’est le rôle du sourcing.

Public Sourcing est un cabinet d’audit, de conseil, de formation et d’accompagnement spécialisé en achats et marchés publics. Nous décryptons ici ce qu’est un AAPC, ce qu’il doit contenir, et comment s’y préparer.

QU’EST-CE QU’UN AAPC

L’AAPC, ou avis d’appel public à la concurrence, est le document par lequel un acheteur public (État, collectivité, établissement public, hôpital) informe les opérateurs économiques qu’il lance un marché public.

Concrètement, l’AAPC :

  • annonce l’objet du marché (travaux, fournitures, services) ;
  • fixe la procédure retenue (procédure adaptée, appel d’offres ouvert ou restreint, dialogue compétitif, etc.) ;
  • ouvre le délai de réception des candidatures ou des offres ;
  • garantit l’égalité d’accès à la commande publique pour tous les candidats potentiels.

Sans AAPC, pas de mise en concurrence régulière. C’est l’acte fondateur de toute procédure soumise à publicité. Une erreur dans cet avis – un critère mal formulé, un délai insuffisant – peut suffire à faire annuler la procédure en référé précontractuel.

Depuis la réforme du droit de la commande publique de 2016, le code parle officiellement d’« avis d’appel à la concurrence ». Mais dans la pratique quotidienne des acheteurs comme des entreprises, tout le monde continue de dire AAPC. C’est l’acronyme qui domine les recherches et le langage métier, on le garde donc ici.

LE CADRE JURIDIQUE DE L’AAPC DANS LE CODE DE LA COMMANDE PUBLIQUE

L’AAPC n’est pas un simple document administratif. Il est encadré, article par article, par le code de la commande publique.

Les règles de publication figurent notamment aux articles R. 2131-12 à R. 2131-20 du code de la commande publique. Elles précisent :

  • les cas où la publicité est obligatoire ;
  • les supports de publication autorisés selon le montant du marché ;
  • les mentions minimales que l’avis doit comporter.

L’obligation de publier un AAPC s’impose pour :

  • toutes les procédures formalisées (appel d’offres, procédure avec négociation, dialogue compétitif) ;
  • les procédures adaptées dès lors que le montant du marché dépasse le seuil de dispense de publicité.

Ce seuil de dispense a été relevé à 60 000 € HT depuis le 1er avril 2026. En dessous, l’acheteur peut se dispenser de toute publicité formalisée. Au-dessus, une publicité adaptée à l’enjeu du marché devient obligatoire, avec un AAPC dans les formes prévues par le code de la commande publique dès que le marché franchit les seuils de procédure formalisée.

LE CONTENU OBLIGATOIRE D’UN AVIS D’APPEL PUBLIC À LA CONCURRENCE

L’AAPC doit obligatoirement contenir un socle d’informations, sous peine d’irrégularité de la procédure.

Le modèle national obligatoire est fixé par l’arrêté du 12 février 2020, modifié le 26 juillet 2021, et applicable depuis le 1er janvier 2022. Ce formulaire officiel est publié par la Direction des affaires juridiques (DAJ) sur la page des formulaires marchés publics du site economie.gouv.fr.

Un AAPC conforme doit préciser :

  • l’identité et les coordonnées de l’acheteur ;
  • l’objet du marché et sa nature (travaux, services, fournitures) ;
  • la procédure de passation utilisée ;
  • les conditions de participation (capacités techniques, financières, références exigées) ;
  • les critères d’attribution et leur pondération ;
  • les délais de remise des candidatures ou des offres ;
  • les modalités d’accès au dossier de consultation (profil d’acheteur).

Pour les marchés qui dépassent les seuils européens, c’est un autre format qui s’applique : les eForms, obligatoires pour toute transmission au JOUE. L’acheteur ne rédige plus un texte libre, il renseigne des champs structurés selon une nomenclature harmonisée à l’échelle européenne.

Notre conseil aux acheteurs publics : ne traitez jamais l’AAPC comme une formalité de fin de course. Un avis bâclé, avec des critères flous ou une durée d’exécution imprécise, génère des questions, des recours, et parfois une procédure à recommencer.

AAPC OU AVIS DE MARCHÉ : QUELLE DIFFÉRENCE

Aucune, en pratique. AAPC et avis de marché désignent le même document : l’annonce qui lance une procédure de marché public.

La confusion vient surtout du vocabulaire :

  • « AAPC » est l’acronyme historique, hérité de l’ancien code des marchés publics ;
  • « avis de marché » est le terme employé dans les plateformes de veille et par certains éditeurs de logiciels de marché public ;
  • « avis d’appel à la concurrence » (AAC) est la formulation officielle retenue par le code de la commande publique depuis 2016.

Pour une entreprise qui répond à des marchés publics, le réflexe est le même quel que soit le nom employé : surveiller les avis publiés dans son secteur, sur le BOAMP, sur les profils d’acheteur, ou via un outil de veille dédié.

LES PROCÉDURES ET SEUILS DE PUBLICATION : BOAMP ET JOUE

Le support de publication d’un AAPC dépend directement du montant estimé du marché.

Publication nationale (BOAMP ou JAL)

  • Fournitures et services : à partir de 90 000 € HT.
  • Travaux : à partir de 100 000 € HT.
  • Publication au BOAMP (Bulletin officiel des annonces des marchés publics) ou dans un journal habilité à recevoir des annonces légales (JAL), en complément d’une mise en ligne sur le profil d’acheteur.

Double publication BOAMP + JOUE (seuils européens de procédure formalisée)

Type d’acheteur Fournitures et services HT Travaux HT
État et établissements centraux 143 000 € 5 538 000 €
Collectivités territoriales et hôpitaux 221 000 € 5 538 000 €
Entités adjudicatrices (secteurs spéciaux) 443 000 € 5 538 000 €

Au-delà de ces seuils, la publication au BOAMP ne suffit plus : l’AAPC doit aussi être transmis au JOUE (Journal officiel de l’Union européenne), via la plateforme TED, sous format eForms.

En résumé, plus le marché est important, plus le formalisme de l’AAPC est strict, et plus le vivier de candidats potentiels s’élargit à l’échelle européenne.

LE SOURCING EN AMONT : LA CLÉ D’UNE RÉPONSE RÉUSSIE À UN AAPC

Un AAPC bien préparé ne s’improvise pas, côté acheteur comme côté entreprise.

Côté acheteur public, le sourcing amont permet de :

  • vérifier que le besoin exprimé correspond bien à une offre existante sur le marché ;
  • calibrer les critères d’attribution sans écarter involontairement des candidats sérieux ;
  • anticiper les questions techniques avant même la publication de l’avis.

Côté entreprise, attendre la publication de l’AAPC pour découvrir un marché, c’est souvent trop tard. Les acheteurs consultent le marché en amont, échangent avec des fournisseurs potentiels, affinent leur cahier des charges. Une entreprise absente de cette phase de sourcing part avec un temps de retard sur ses concurrents, qui, eux, ont déjà influencé la définition du besoin.

C’est précisément là qu’intervient l’accompagnement de Public Sourcing. Public Sourcing est un cabinet d’audit, de conseil, de formation et d’accompagnement qui aide :

  • les acheteurs publics à structurer leur sourcing, sécuriser leurs AAPC et fiabiliser leurs procédures ;
  • les entreprises à identifier les marchés en préparation, se positionner avant la publication de l’avis, et construire une réponse solide dès le premier AAPC repéré.

Un AAPC gagnant se prépare des semaines, parfois des mois, avant sa publication. Le sourcing en amont n’est pas une option : c’est le levier qui fait la différence entre une réponse standard et une offre qui correspond exactement à l’attente de l’acheteur.

FOIRE AUX QUESTIONS

Qu’est-ce qu’un AAPC en marché public ?
Un AAPC (avis d’appel public à la concurrence) est l’annonce officielle par laquelle un acheteur public lance une procédure de marché public et invite les opérateurs économiques à candidater ou à remettre une offre.

Quelle est la différence entre AAPC et avis de marché ?
Aucune différence de fond : ce sont deux appellations du même document. « Avis de marché » est le terme le plus utilisé sur les plateformes de veille, « AAPC » reste l’acronyme historique le plus répandu dans le langage courant.

Où trouver le modèle officiel d’un AAPC ?
Le modèle national obligatoire est disponible sur le site economie.gouv.fr, dans la rubrique des formulaires marchés publics de la Direction des affaires juridiques, conformément à l’arrêté du 12 février 2020 modifié.

À partir de quel montant un AAPC doit-il être publié au BOAMP ?
À partir de 90 000 € HT pour les fournitures et services, et de 100 000 € HT pour les travaux. Au-delà des seuils européens de procédure formalisée, une publication complémentaire au JOUE est obligatoire.

Pourquoi le sourcing est-il important avant un AAPC ?
Parce que la phase de sourcing précède la publication de l’avis. Elle permet à l’acheteur de calibrer son besoin et à l’entreprise de peser sur la définition du marché avant que les jeux ne soient faits.

Jean-Paul ROUSTAN, Directeur de Public Sourcing

Auteur de l’article

Jean-Paul ROUSTAN

Directeur Public Sourcing

Expert de la commande publique, Jean-Paul ROUSTAN accompagne les acteurs publics dans leurs enjeux d’audit, de conseil, de formation, de sourcing et d’optimisation des achats publics.

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